La
prise de son stéréophonique
par
couple de micros
Pierre Voyard - Toulouse
le 10 décembre 1983 –
Modifié
le :
26 juillet, 2012 19:48
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ici.
- Anecdote
- La technique
Stéréophonique
- Le couple AB
- Le couple XY
- Le couple ORTF
- Le microphone MS
- Le Matriçage MS
- Le couple hors
jeu
- Protocole de
réglage d'ouverture du couple
- La tête
artificielle
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- Accueil
Avant de lire ce paragraphe, vous vous êtes
documenté sur "L'audition
binaurale" ainsi que
tout ce qui concerne le Microphone.
Ne seront pas traitées ici les techniques concernant
l'enregistrement stéréophonique par la technique multimicros
et en multipistes.
Des pages et des pages ont été
écrites sur la stéréophonie
et la prise de son stéréophonique
ainsi que nombreux travaux de recherche.
Deux mots à ce sujet :
D’aucun voudront prouver que tel type de microphone ou tel autre
est plus adapté à tel ou tel type de prise de son. Je
n’en ai personnellement pas grand chose à faire. La seule chose
qui m’importe est le résultat final, celui jugé par
"mes oreilles", c’est-à-dire, interprété
par mon cerveau. La question est :
Tel dispositif et tel couple est-il apte à restituer
la scène telle que je veux l’entendre. J’attache
personnellement beaucoup plus d’importance à la manière
dont ça sonne qu’à la position exacte des sources dans
le champ compris entre mes enceintes. Lisez tout ce qui vous tombe
sous la main, mais surtout, usez de
vos oreilles et de votre «intelligence».
ANECDOTE
:
Un jour, lors de la diffusion d’un enregistrement stéréophonique
par un étudiant d’une grande école française
lors d'une des "Corrida Audiovisuelle" organisées
par notre école, je m’étonnais d’entendre toute une
séquence extérieure polluée par des coups de
vent et je demandais à l’étudiant pourquoi il n’avait
pas utilisé 2 micros de type DO21B ou MD21
pour réaliser cette prise de son, ces micros dynamiques
omnidirectionnels étant
particulièrement bien protégés contre le vent.
Ceci, bien entendu, dans le cas où il n’avait pas disposé
de protection adaptée pour son couple Schoeps
lors de l'enregistrement. Réponse de ce jeune apprenti sorcier
: "Ces micros ne sont pas faits pour faire de la prise de son
stéréophonique !". Ça n’était là
que la réponse d’un futur technocrate de la prise de son. Pas
celle d’un artiste.
A la question: "Dans quels cas utiliseriez-vous
la stéréophonie", la
réponse trop souvent obtenue est
: "Quand j’ai besoin de traduire
un déplacement de source".
Il serait dommage de réduire l'utilisation
de la stéréophonie à
la seule restitution du mouvement. Il est
aussi important d'utiliser cette technique
dans le seul but de traduire l'espace, tout
espace n'étant par principe jamais
figé.
La simple rumeur d'un lieu prendra en stéréo
une dimension nouvelle, une épaisseur
palpable enrichissant le pouvoir émotionnel
du paysage sonore ainsi reproduit en y ajoutant
à la profondeur (différence
de proximité des plans sonores),
la largeur , même si celle-ci est
toujours contenue dans l'espace séparant
les deux enceintes acoustiques.
La confrontation de deux espaces acoustiques
très différents est toujours
payante en terme d’émotion et de
sensation. Chaque fois que cela est possible,
ne pas se cantonner à un type de
prise, quelle que soit la technique employée.
Ne vous laissez
jamais enfermer ni par la technique, ni
par la théorie. Elles
ne sont en fait jamais que des aides et
des points de départs.
LA TECHNIQUE
:
La stéréophonie requiert
deux canaux : 2 d'enregistrement et 2 de
diffusion.
Si la disposition des microphones
est importante au moment de la prise de
son, la disposition des enceintes acoustiques
par rapport au local ainsi que celle de
l'auditeur par rapport aux enceintes est
particulièrement critique au moment
de la diffusion.
La stéréophonie ne propose
en fait qu’une seule place idéale
d’écoute. le troisième sommet
d’un triangle équilatéral
dont les deux autres sommets sont occupés
par les enceintes.
L’ensemble de la chaîne électro-acoustique mise en œuvre
(des micros aux enceintes en passant par l’acoustique du local) est
déterminante dans la qualité du document final.
Quelques unes des techniques les plus utilisées
:
- Le couple AB
- Le couple XY
- Le couple ORTF
- Le microphone MS
- La tête
artificielle
Voir le PDF récapitulatif du site
SCHOEPS
à ce sujet :
Avant de décrire ces différents
dispositifs, je pense bon de réfléchir
un instant sur la finalité de cet
enregistrement.
Lors du choix de la technique à
employer, le tout sera de savoir si on désire
réaliser un enregistrement stéréophonique
compatible ou non avec la monophonie. Toute
technique de prise de son en stéréophonie
prenant en compte l’antériorité
et la phase, rend cette prise incompatible
avec la monophonie.
L'antériorité : Lors d'une prise de
son en stéréophonie usant de 2 microphones séparés
l'un de l'autre d'une distance non nulle, hors le cas d'une source
située selon une incidence 0° par rapport au couple, le
son dont la célérité est d'environ 340m/s parviendra
obligatoirement aux deux capteur avec une différence de temps.
Prenons l'exemple de deux microphones distants de 1 mètre
l'un de l'autre et d'une source sonore situé à 90°
à droite de ce couple, le décalage de temps sera alors
maximum. Il se calcule par la formule :
(1/340)D
En l'occurrence cela nous donne S=(1/340)x1=0,0294, soit pratiquement
3mS
Dans le cas de deux microphones séparés
de 0,20m cela nous donne S=(1/340)x0,20=0,588mS,
soit pratiquement 0,6mS
Dans tous les cas où l'enregistrement
devra être diffusé en monophonie,
il faudra systématiquement utiliser
une technique respectant cette compatibilité
(couple XY, dit "à coïncidence
de phase" ou microphone MS). Cependant,
il est important, lors de la réalisation
d'un enregistrement stéréophonique
de se demander si on ne doit pas avoir l'exigence
d'une technique offrant la plus grande similitude
avec la perception de l'oreille. C'est-à-dire,
traduisant aussi parfaitement que possible
les rapports d'intensité, de timbre
et de phase et d'antériorité.
Dans tous les cas, il est important de savoir
que le meilleur résultat obtenu en
monophonie sera acquis uniquement par une
technique de prise de son monophonique,
et que le meilleur résultat pour
un enregistrement stéréophonique
sera celui obtenu par l'utilisation d'un
procédé de prise de son respectant
la phase des signaux, donc, non compatible
avec une reproduction monophonique.
A part la prise de son par la technique MS qui utilise deux capteurs
de type différent (cardioïde et bi-directionnel), toutes
les autres techniques de prise de son en stéréophonie
exigent deux capteurs parfaitement identiques au niveau de leurs caractéristiques.
Dans l'idéal, tout couple de microphones destiné à
la prise de son stéréophonique devrait être "appairé",
c'est à dire, trié par paire, afin que toute différence
électro-acoustique entre les deux capteurs reste inférieure
à celles admises dans le cahier des charges concernant la technique
de prise de son stéréophonique envisagée.
Selon la technique employée, la directivité des micros
pourra être du type Omni-D,
hypocardioïde
ou Cardioïde",
mais, dans tous les cas, leurs lobes de directivité devront
être aussi homogènes que possible, et ce à toutes
les fréquences.
Cependant, ce désir d'homogénéité
est relativement utopique, et pour s'en
convaincre, il suffit de prendre pour exemple
le cas du micro Omni-D.
Celui-ci présente théoriquement
une sensibilité égale quelle
que soit l'incidence de la source par rapport
au capteur, alors que l'on sait pertinemment
que la dimension non nulle du corps du micro
est un obstacle pour toutes les fréquences
dont la longueur d'onde est égale
au diamètre de celui-ci, ou égale
au 1/2 ou au 1/4 de son diamètre.
De ce fait, ces fréquences sont :
soit, atténuées, soit réfléchies,
ce qui se traduira obligatoirement par un
défaut de son lobe de directivité
à ces fréquences. A cela s'ajoute
les problèmes de diffraction inhérents
à la présence d'arêtes
ou d'angles formés par les diverses
surfaces du microphone.
Hors la présence du corps du micro,
nombreux sont les éléments
qui viendront perturber ou détruire
l'homogénéité
du lobe aux diverses fréquences.
Il faut être
conscient que c’est de l’homogénéité
de ce lobe que dépend en grande partie
la qualité du micro et donc du couple
ainsi formé.
Tous les artifices utilisés afin
de rendre les capteurs linéaires
en fréquence ou permettant d'accroître
leur directivité rendront plus difficiles
le respect d'homogénéité
en fréquence de leur lobe de directivité.
Cependant, à condition d'y mettre
le prix, on peut espérer un lobe
parfaitement homogène, et ce quelle
que soit la fréquence, sur environ
30° de part et d'autre
de l'axe du micro (partie frontale du lobe).
LE
COUPLE A-B

Documentation
Schoeps ©
Micros appairés séparés
de 40 cm jusqu'à plusieurs mètres.
Ce type de couple est souvent utilisé
dans le cas de prises de son de grands ensembles
orchestraux ou de grandes orgues.
On peut, lors de l'utilisation de ce type
de couple de micros, utiliser : soit, des
micros
omnidirectionnels qui offrent généralement
une très bonne réponse dans
le grave et présentent l'avantage
(grâce à leur lobe de directivité)
de mettre très en avant l'acoustique
du lieu dans lequel ils sont utilisés.
Soit, dans le cas de distance de prise de
son impérativement plus importante,
ou d'acoustique particulièrement
réverbérante, des micros
hypocardioïdes ou cardioïdes,
et même, des micros du type canon.
Dans le cas du couple AB,
la phase des signaux ainsi que le phénomène
d’antériorité sont respectées.
LE
COUPLE X-Y
Documentation
Schoeps ©
Le couple X-Y dit "à
coïncidence de phase",
n'utilise que certains des phénomènes
qui permettent la localisation d’une source
sonore. Ainsi, dans la technique du couple
X-Y, l'antériorité
et la phase ne sont pas prises en compte.
Les seuls moyens à notre disposition
qui permettent la localisation sont les
différences d'intensité acoustique
et de timbre.
Le couple X-Y utilise deux microphones
cardioïdes ouverts selon un angle
d'environ 90° et dont
les capteurs sont superposés (coïncidence
de phase). Cette coïncidence ne peut
exister que pour des sources situées
sur un même plan que le coupe (généralement
l'horizontale). Pour qu'il y ait véritablement
coïncidence du centre des membranes,
ils faudrait qu'elles soient confondues
en une seule.
Toute différence d'intensité
du signal capté par les deux micros
ne sera en fait due qu'à l'orientation
et à la directivité des capteurs
employés et qu'à la non-homogénéité
en fréquence de leurs lobes de directivité.
Ainsi, pour une incidence de zéro
degré par rapport au couple des micros,
l'atténuation du signal sera identique
pour les deux canaux, les deux micros présentant
à la source une zone de leur lobe
parfaitement symétrique, donc, offrant
une atténuation ou absence d'atténuation
identique pour les deux canaux.
Pour qu'il n'y ait pas de sensation de
trou au centre, il est nécessaire
que les micros employés soient homogènes
en fréquence sur un angle d'au moins
45° de part et d'autre de leur axe médian.
Dans le cas d'une source situé hors
de l'axe du couple, les deux micros présentent
à la source une zone différente
de leur lobe de directivité. En raison
de la position des capteurs dans le couple,
un des capteurs sera obligatoirement mieux
orienté que le second par rapport
à la source et donc, délivrera
une tension plus élevée.
Le second capteur, selon la zone du lobe
concerné, atténuera le signal
dans une plus ou moins grande proportion.
De plus, si à cet angle d'incidence
sa sensibilité n'est pas identique
à toutes les fréquences, il
y a de fortes chances pour que l'atténuation
soit plus importante pour les hautes que
pour les basses fréquences, d'où
un détimbrage du son. Ainsi, non
seulement l'intensité du signal ne
sera pas identique dans les deux canaux,
mais, de plus, une différence de
timbre pourra apparaître.
Nous constatons que le couple X-Y
permet une latéralisation par l'intensité
et le timbre. Le seul avantage de cette
technique par rapport à celle du
couple ORTF et à
celle de la tête artificielle est
qu’en raison de la position des deux capteurs,
elle n'introduit aucune différence
de temps, de phénomène d’antériorité
et de rapport de phase, et de ce fait, permet
une bonne compatibilité avec la monophonie.
Si l'antériorité d'un signal
est un des éléments les plus
précis lors de la localisation d’une
source sonore, il est certain que la stéréophonie
ainsi transmise n'est que partielle.
L'antériorité
n'est efficace qu'en présence de
transitoires marquées
(changement brutaux d'intensité.
Pour la parole, les "T", les "P"
et autres "Q". En absence de transitoires,
en dessous de 800 Hz, c'est le déphasage
qui permettra la localisation et au dessus
de 800Hz, la différence d'intensité.
LE
COUPLE ORTF




Documentation Schoeps ©
Le couple ORTF présente
l'avantage par rapport au couple
XY de respecter l'antériorité
des signaux selon l'incidence de la source,
ainsi que de respecter leur phase. Cela
est dû à la disposition des
capteurs de type cardioïde
: 17 cm en général séparent
les capteurs (centre de la membrane) afin
de restituer la distance moyenne séparant
les deux oreilles chez l'homme. Cette disposition
permet de reproduire les conditions physiques
favorisant la perception des phénomènes
d'antériorité et des décalages
de phases dues à la situation de
la, ou des sources par rapport aux capteurs.
Selon un document de chez Schoeps,
cette distance peut varier de 2
à 30 cm ainsi que
l’angle de 0 à 180°. La directivité
des capteurs alliée à l'ouverture
du couple accentue le rapport d'intensité
entre les capteurs et favorise une meilleure
localisation.
Le corps des micros doit former un angle de 110°.
Mais attention, cette loi des 110° ne doit être respectée
que dans le cas où on dispose de micros répondant au
cahier des charges de ce type de prise de son dont l'un des critères
est que les lobes de directivité de ces micros soient homogènes
en fréquence sur, au moins, 30° de part et d'autre de l'axe
des capteurs.
Afin de ne pas provoquer "sensation"
de trou au centre, il faudrait
que cette homogénéité
des lobes en fréquence soit parfaite
sur au moins 60° de part et d'autre
de l'axe des microphones utilisés.
Dans tout autre cas, on doit rechercher
quel est le meilleur angle d'ouverture du
couple par rapport aux capteurs employés
de façon à éviter ce
fameux "trou au centre" (atténuation
et détimbrage des sources sonores
situées dans le prolongement de l'axe
médian du couple).
Enfin, la non-linéarité en
fréquence de leurs lobes de directivité
permet de simuler l'effet de masque du à
la présence de la tête humaine
lors d'une audition directe.
LE
MICRO - COUPLE M-S

Documentation Schoeps ©
Couple prisé en prise de son vidéo
et cinéma.
Documentation Schoeps ©
A contrario des couples AB
et ORTF il présente
l’avantage d’une parfaite compatibilité
stéréo/mono (pas
de problème d’antériorité,
pas de problème de phase). Mais il
présente aussi les inconvénients
de ses avantages par l’absence de localisation
par l’antériorité et la phase…
Ainsi, une fois encore il s’agit d’une situation
de compromis.
Son gros avantage, comme nous le verrons plus loin, est de
permettre de définir l’angle d’ouverture de ce "couple
virtuel" à la prise, mais surtout à posteriori,
au moment du mixage final.
S'il est un procédé stéréophonique
semble-t-il contre nature, c'est bien du
couple MS dont il s'agit.
Couple microphonique stéréo
"d'ingénieur ingénieux".
Reste à en comprendre son principe
et son fonctionnement.
En général, dans les livres scientifiques ou de vulgarisation
on s'en tient à : Un couple stéréophonique
MS est composé d'un micro omnidirectionnel,
Hypocardioïde,
cardioïde
ou hypercardioïde
(par souci de simplification du texte je n'envisagerai ci dessous
que le "cardioïde") et d'un microphone
bidirectionnel,
dit "à lobe de directivité en 8"dont l'axe
est perpendiculaire au précédent. Couple dans lequel
G=M+S et D=M-S.
Dans l'idéal, les membranes de ces
deux micros devraient être confondues
en une seule comme ci-dessus afin de n'apporter
aucun décalage de temps entre les
deux capteurs. Ceci n'est bien entendu jamais
le cas pas plus que ça ne l'est dans
le cas du couple XY.
Les capteurs sont généralement intégrés
dans le corps d'un microphone, capsules montées en tandem,
le bidirectionnel
monté derrière le cardioïde.
Cependant, certaines sociétés comme Schoeps
préfèrent utiliser deux capsules indépendantes
montées parallèlement l'une au dessus de l'autre.
Documentation Schoeps ©
Le gros avantage de ce type de couple est
de permettre une variation de la largeur
du champs stéréophonique à
posteriori, c'est à dire, au moment
du mixage final et ce en usant de tous les
angles d'ouverture possibles d'un couple
virtuel stéréophonique entre
0 et 120° en continue. C'est
en quelques sortes un pseudo couple
à coïncidence de phase (XY)
à ouverture variable. Avec toutefois
une différence importante au Zéro
Degré d'angle d'ouverture.
Au 0° d'ouverture, seul le microphone cardioïde
est pris en compte. Nous sommes bien dans le cas d'une prise de son
monophonique. Dans tous les autres cas, c'est un
dosage de modulation entre le capteur cardioïde
et le bidirectionnel
qui va permettre l'élargissement ou le rétrécissement
progressif du champ stéréophonique.
En fait, l'autre avantage proposé
par ce système est qu'au moment de
la prise de son les deux modulations issues
des microphones peuvent être enregistrées
séparément sur deux pistes
d'un enregistreur stéréophonique
ou multipiste, ce qui fait que l'on effectue
sur celui-ci un enregistrement qui n'a strictement
rien à voir avec de la stéréophonie
puisque nous sommes en présence de
la modulation du capteur cardioïde
sur une piste, et celle du capteur
en 8 sur l'autre.
Le preneur de son dispose dans ce cas,
entre son couple et l'enregistreur, d'un
boîtier de "matriçage"
"passif" ou "électronique"
équipé d'une sortie casque
qui lui permet d'entendre dans celui-ci
la répartition stéréophonique
de son choix sans que celle-ci n'influe
sur la prise réalisée et enregistrée.
La formule G=M+S et D=M-S
définit son principe de fonctionnement
dans laquelle :
G=Gauche
D=Droite
M=Mono (traduction approximative
de Middle (centre)) pour
le microphone omni,
cardio
ou hypercardio et
S=Stéréo (traduction toute aussi approximative
de Side (côté) pour le microphone bidirectionnel.
La somme et la différence des modulation sont effectuées
soit par transformateurs, soit par composants électroniques
actifs (console ou matriceur électronique indépendant
qui en même temps peut parfois faire office de préamplificateur
et de mixette ou l'inverse).
LE MATRICAGE
PAR TRANSFORMATEUR
Dans le cas d'un matriçage par composants
passifs (transformateurs), le système
est composé de 2 transformateurs
à bobine primaire double
(côté capteur) et une bobine
secondaire unique par transformateur côté
canal Gauche et Droite.
Ainsi que le démontre le schéma ci dessous, le micro
"M" (Mono) est raccordé en série
à une des doubles bobines de chaque transformateur et donc,
de chaque canal. Le microphone "S" (bidirectionnel
dit : Stéréo) est lui aussi raccordé en série
à la seconde des doubles bobines de chaque transformateur et
donc de chaque canal, mais ce, en inversant la polarité
de branchement sur la bobine du transformateur du canal de Droite.
Ainsi, la modulation des 2 capteurs s'ajoute sur le canal Gauche,
d'ou G=M+S et, en raison du branchement en opposition
de phase du capteur "S" ou bidirectionnel
à la bobine primaire du transformateur du canal de droite,
"S" se soustrait à "D",
d'ou D=M-S.
Fig.
MATRICAGE
A LA CONSOLE
Sont nécessaires trois voies d'une
console.
Il vous suffit :
1 - De câbler la voie "M"
du cardioïde
sur la voie 1, Pan-Pot
(dit aussi "panoramique" ou "potentiomètre
panoramique") au Centre,
2 - De câbler la voie "S" du bidirectionnel
sur la voie 2, Pan-Pot à Gauche,
3 - De récupérer cette modulation
(de préférence en Post-Fader),
d'en inverser la phase par commutation
interne à la console ou en utilisant
un câble croisé et de l'envoyer
dans la voie numéro 3, Fader à
Zéro dB de gain, Pan-Pot
à Droite.
Fig.
Il vous suffit alors de jouer entre la voie
1 (Mono) et la voie 2 (Stéréo)
pour doser mais aussi élargir ou
rétrécir le champ stéréophonique
en augmentant ou diminuant le niveau de
la voie 2 (ceci à condition d'avoir
soutiré la modulation de la voie
2 après Fader. Dans tout autre cas,
jouer sur les Faders 2 et 3 simultanément).
Je vais donc afin d'en démontrer le principe, partir d'un
exemple le plus simple possible en essayant toutefois de ne pas tomber
dans un simplisme approximatif.
LE MATRICAGE
PAR LOGICIEL (Démo)
Exemple de Matriçage Logiciel de la marque ZOOM

Comment mettre ces connaissances en pratique :
- Brancher le microphone Cardioïde sur le canal Gauche de votre
enregistreur.
- Brancher le Microphone en "8" (bi-directionnel) sur le
canal Droite.
Vous allez effectuer la prise de son en "aveugle" du fait
que dans votre casque vous allez entendre un son qui n'a rien de stéréophonique.
Pour le test qui va suivre, générez un "AAAAAAA"
vocal à 30 cm environ de votre couple contre nature tout en
tournant progressivement une face du Bi Directionnel vers vous puis,
progressivement, l'autre face. Dites quelques mots dans divers positions
du bi-Directionnel.
Une fois l'enregistrement terminé, vous recopiez le son sur
votre ordinateur.
Vous ouvrez Audacity
ou tout autre éditeur multipiste (Editeur de son gratuit et
tout à fait remarquable) et faites glisser votre enregistrement
dessus. S'ouvrent alors 2 pistes stéréo dont le canal
gauche est le M (cardioïde) et le droit le S
(Stéréo) le Bi-Directionnel.

- Vous séparez votre enregistrement Stéréo
en 2 pistes Mono (Cliquer sur le nom de la
piste puis Mono je crois)
La piste 1 vous la renommez M pour Mono
La seconde vous la renommez S Ph pour Stéréo
en Phase
- Vous dupliquez la seconde piste (S Ph) dans une
nouvelle piste Mono que vous renommez en S
HPh Pour Stéréo Hors Phase.
- Vous la sélectionnez et l'inversez avec Effet >
Inverser. Elle se retrouve donc en Opposition de
Phase par rapport à S Ph.
- Vous ouvrez la table de Mixage : Affichage > Table de
Mixage.
Vous commencez par placer les 3 curseurs au même niveau.
Le PAN POT de la piste M au Centre
Le PAN POT de la piste S Ph à Gauche
Le PAN POT de la piste S HPh à Droite
Les tirettes de S Ph et S HPh devront
toujours être au même volume (impératif).
Vous lancez la lecture et :
- Plus M sera prépondérant et plus
vous tirerez vers une diffusion Monophonique. Moins il sera prépondérant
et plus votre stéréo sera large.
Attention de ne pas exagérer et de ne pas trop atténuer
M qui rendrait l'enregistrement totalement irréaliste.
Exemple de Prise
MS Stéréo Matricée.
Enfin, pour simplifier, utilisez le lien suivant qui vous
proposera un plugin de Matriçage :
Les modules LADSPA
(3e paragraphe).
Puis dans la page, cliquez sur ensemble
de plus de 90 effets LADSPA dont
un effet nommé : Matrix: MS to
Stereo.
Pour son utilisation vous pouvez vous contenter
de l'enregistrement d'origine.
Bonne utilisation.
Remerciements à LDVC@
pour sa disponibilité et son sens critique.
EXEMPLE
CAS PAR CAS
Revenons à nos moutons... Nous allons prendre comme exemple
un "circuit de matriçage" passif
par transformateurs. Je partirais de l'exemple d'un couple formé
par un microphone Omnidirectionnel
"parfait" afin d'éviter les pièges
du détimbrage selon l'angle d'incidence de la source et d'un
capteur quelconque à lobe en 8. Nous allons examiner quelques
possibilités de positions d'une source par rapport à
ce couple MS. Vous pourrez en tirer vous-même
toutes les autres positions intermédiaires possibles ainsi
que l'incidence de l'utilisation d'un autre type de capteur pour "M".
Premier exemple :
Source
frontale par rapport au "couple"
- Pas d'atténuation du signal sur
"M". Nous dirons
que M=1.
- Une pression égale et simultanée sur les deux faces
du bidirectionnel.
Donc S=0.
Ainsi :
G=1+0 =1 et
D=1- 0 =1
Nous localisons bien la source au
centre.
Jusque là, tout va bien…
Source
à 90° à Gauche du "couple"
- Toujours pas d'atténuation pour
"M", donc M=1.
- La source se trouve alors située face à la membrane
du bidirectionnel.
Donc S=1
- Les deux signaux issus des capteurs sont
en phase.
Ainsi :
G=1+1=2
D=1- 1=0
Nous localisons bien la source à
Gauche.
Source
à 45° à Gauche du "couple"
- Toujours pas d'atténuation "M"
(omni
parfait). Donc M=1
- En raison de l'angle d'incidence de la source par rapport à
la membrane du bidirectionnel,
Nous dirons pour simplifier que la pression résultante est
égale à 0,75.
Les deux signaux issus des capteurs sont
en phase. D'ou : S=0,75
Ainsi :
G=1+0,75=1,75
D=1- 0,75=0,25
La source est bien localisée
nettement à gauche.
Source
à 90° à Droite du "couple"
- Toujours pas d'atténuation pour
"M", donc M=1.
- La source se trouve alors dans le dos de à la membrane du
bidirectionnel,
en raison de cela les deux signaux issus des capteurs sont en opposition
de phase. Donc S=(-1)
Ainsi :
G=1+(-1)=0
D=1- (-1)=12
Nous localisons bien la source à
Droite.
Toutes fois, ce type"couple"
ne permet une bonne localisation que si
la source est "frontale" à
celui-ci, c'est-à-dire dans un angle
d'environ plus ou moins 45° par rapport
à l'axe du "couple"
Vous comprendrez que ces calculs sont hyper-simplifiés
mais permettent de comprendre le processus
mis en œuvre. Il est clair que jamais dans
une prise de son par couple nous avons la
totalité du signal dans un canal
et une absence de signal dans l'autre.
Vous pouvez vérifier toutes les autres positions possibles
et affiner vos représentations et vos calcul aussi loin que
vous le désirerez en tenant compte du lobe de directivité
des microphones et de leur homogénéité en fréquence…
Bon courage.
Le
couple hors jeu
Il est possible qu'on ne dispose pas d'un
couple de micro dédié à
la prise de son du type ORTF
ou X-Y. Je vais donc proposer
un exemple d'utilisation contre nature de
capteurs théoriquement inappropriés
à cette technique de prise de son
mais présentant quelques avantages
indéniables : Les microphones de
reportage et de poing DO21B
de chez LEM ainsi que les
microphones MD21 de chez
Sennheiser.
- Ces capteurs omnidirectionnels
de type électrodynamique
bénéficient d'une robustesse légendaire.
- Leur caractéristique Omnidirectionnelle
fait qu'ils sont relativement insensibles au phénomène
de proximité (renforcement des graves qui devient
perceptible lorsque la source s'approche à
moins de 20 cm du capteur).
- Étant des micros de poing,
ils sont particulièrement insensibles
aux bruits de contact, donc, adaptés
à des prises mobiles en tout terrain.
- Ils ne craignent pas l'humidité
et ne demandent pas de source d'alimentation
électrique. Ils sont de ce fait parfaitement
habilités à un travail dans
des conditions climatiques difficiles.
- Enfin, ce type de micro présente
un rapport qualité/prix pour le moins
avantageux.
- Seul inconvénient, il présentent
une sensibilité relativement peu
élevée. Celle-ci est toute
fois aisément compensée par
l'utilisation d'un bon préamplificateur
de microphones.
Comme tous les micros de type électrodynamiques
(corps volumineux à cause de l'importance
de leur capteur), ils présentent
l'inconvénient d'avoir un lobe peu
homogène dont
la directivité augmente assez redoutablement
avec la fréquence.
Si on utilise un tel couple avec un angle
d'ouverture entre les capteurs de 120°,
la prise de son présente une sensation
de trou au centre non négligeable.
Il faut donc réduire l'angle d'ouverture
du couple ainsi formé sans
pour autant réduire la distance
séparant les capteurs.
Après de multiples essais, on peut
se rendre compte que le seul moyen est de
travailler avec une faible ouverture de
couple. Il est certain que les rapports
d'intensité et de timbre sont ainsi
pratiquement nuls, les deux microphones
présentant une quasi parfaite identité
de leur lobe par rapport à une source
excentrée, et donc une même
atténuation quelle que soit la fréquence
concernée. Le phénomène
d'antériorité ainsi que la
phase, en revanche, remplissent parfaitement
leur fonction et permettent une latéralisation
remarquablement précise. Je me suis
fait personnellement piéger plusieurs
fois par le réalisme de prises effectuées
à l'aide d'un tel couple.
Un des inconvénients inhérents
à la prise de son par micros pratiquement
parallèles est de donner à
ce type d'enregistrement une incompatibilité
mono quasi totale, car, si dans le cas du
couple ORTF, l'association
de l'angle d'ouverture du couple et de la
directivité des capteurs employés
crée artificiellement un rapport
d'intensité entre les deux canaux,
celui-ci n'existe pas dans le cas des micros
parallèles. Ainsi, quel que soit
l'angle d'incidence de la source sonore,
nous nous trouvons en présence de
deux modulations d’amplitude pratiquement
identiques, mais décalées
en temps et au niveau de la phase.
Le mixage d'un tel enregistrement en vue
d'obtenir une modulation monophonique peut
être catastrophique. Cependant, obtenir
une réduction mono avec cette technique
est facile. Il suffit de ne garder qu'une
des voies de modulation, les deux voies,
ainsi que je l'ai démontré,
étant pratiquement identiques en
amplitude et timbre.
L'avantage de cette technique est de permettre
l'utilisation d'un grand nombre de capteurs,
et de ne jamais retrouver cette sensation
de trou au centre présente dans trop
d'enregistrements stéréophoniques.
Protocole
de réglage de l'ouverture
du couple
suivant le type de directivité utilisée.
Ceci peut se faire, ainsi que je vais le démontrer, à
l’oreille. D’aucun ont même prévu des abaques ainsi que
des dispositifs techniques sophistiqués afin de tenir compte
de ce problème.
Afin de régler correctement l'ouverture
du couple, on doit rechercher une source
non ponctuelle et de préférence,
relativement riche dans la partie hautes
fréquences du spectre. Par exemple,
se situer perpendiculairement à un
cours d'eau générant un bruit
de type "blanc", ou encore, en
bordure de rocade à une heure d'affluence,
lorsque le flot de la circulation est continu,
ou encore, lors de la prise d’une rumeur
de ville par exemple.
La distance de prise de son est très
importante. Elle doit être choisie
de façon à ce que, sans casque,
le paysage sonore soit le plus homogène
possible.
Il faut absolument disposer d'un casque
de qualité de type fermé présentant
une bonne isolation phonique.
1 - Réglez le niveau de sortie casque
sur la position normale de travail.
2 - Réglez le niveau d'enregistrement
et celui de la sortie du casque de façon
à ne percevoir aucune différence
de sensation de niveau sonore avec et sans
le casque.
3 - Enlevez celui-ci, puis, écoutez
et essayez de mémoriser aussi parfaitement
que possible le son de l'eau, de la circulation
ou la rumeur, puis:
4 - Remettez le casque, et comparez...
5 - Corrigez l'angle d'ouverture de couple
et reprenez au point 3 jusqu'à ce
que le paysage soit parfaitement homogène
sans bosse ni trou au centre.
Dans le cas ou un trou apparaît au
centre par rapport à l'audition sans
casque, réduisez l'ouverture du couple,
puis recommencez l'opération jusqu'à
ce que toute différence ait disparu.
Il est à noter qu'un petit affaissement
au centre ne sera pas perceptible lors d'une
écoute sur enceintes acoustiques.
Tenez-en compte.
Symptômes :
Couple trop
ouvert : Le bruit d'eau,
de rumeur ou de circulation est localisée
au niveau de chaque oreille, mais sensation
d’absence ou d’affaissement du bruit au
centre (trou) et rupture de la continuité
sonore entre l'oreille gauche et l'oreille
droite. En fait, on perçoit ce que
l’on entend non pas comme un tout homogène,
mais comme deux sources droite et gauche
distinctes.
Couple insuffisamment
ouvert : On perçoit
surtout le bruit de l'eau, de la rumeur
ou de la circulation au centre (c'est à
dire : au centre légèrement
en arrière de la tête lors
de l’écoute au casque), alors que
la localisation au niveau de chaque oreille
est atténuée.
Ouverture
du couple bien réglée :
On perçoit une parfaite homogénéité
sonore de l'oreille gauche à l'oreille
droite, sans trou ni bosse. La perception
est aussi homogène avec que sans
le casque.
LA TETE
ARTIFICIELLE

Tête artificielle
"Sphère Microphonique Schoeps
KFM 360"
Documentation Schoeps ©
Cette technique est une reproduction au
plus près du dispositif d'audition
de l’oreille humaine. A cette fin, on utilise
une tête artificielle formée,
soit d'un simple coussin dont la taille
est celle d'une tête humaine ou, plus
récemment, d'une tête en polystyrène
(type : support de perruque) recouverte
de poussière de velours.
Le gros avantage de la prise de son par
tête artificielle
est de permettre une prise de son en stéréophonie
particulièrement discrète
en utilisant la tête du preneur de
son comme tête artificielle. Il suffit
pour cela de remplacer les écouteurs
d'un casque de walkman par des capteurs
de micro-cravate
(Omni-D).
Les capteurs sont dirigés vers l'avant.
La tête du preneur de son est un obstacle
pour toutes les fréquences dont la
1/2 longueur d'onde est inférieure
aux dimensions de sa tête. Celle-ci
provoque un détimbrage au niveau
de ces fréquences.
Penser à éviter tout bruit
de gorge ou de bouche comme toute respiration
un peu bruyante...
La difficulté, si difficulté
il y a est de ne pas bouger inconsciemment
la tête de manière intempestive
pendant les prises de son, au risque de
déplacement latéral brutal
du paysage sonore ou et de la source. Ce
genre d'erreur est absolument irrécupérable
à postériori.
Dans certains cas, les micros Électret
ou Électrostatiques
miniatures sont intégrés à
la tête artificielle.
Dans ce cas de figure, le rapport de timbre
entre les deux canaux, ainsi que l’antériorité
et la phase sont parfaitement respectés.
L'inconvénient de ce dispositif,
dans le cas d'utilisation d'une tête
artificielle est d'être relativement
plus encombrant que le couple ORTF
ou le couple A-B, lequel
peut se loger aisément dans un seule
corps de microphone.
Dispositif très adapté aux
prises de petits ensembles de jazz ou de
musique classique.
Autre inconvénient de cette technique
de prise de son : Elle n'est adaptée
qu'à l'écoute par casque.
Dans le cas d'une écoute par enceinte,
la tête apparaît deux fois.
Une fois au moment de la prise de son (tête
artificielle), puis au moment de la diffusion,
celle de l'auditeur. C'est une fois de trop.
Cependant, lors d’une prise de son, quelle
que soit la technique employée, AB,
XY, ORTF ou MS,
le preneur de son n’utilise-t-il pas généralement
un casque au moment de cette prise, et donc
n’est-elle pas hors jeux ? N’est-ce pas
par l’entremise de celui-ci qu’il juge de
la localisation ? Et pourtant, cet enregistrement
n’est-il pas généralement
destiné à une écoute
sur enceintes acoustiques ?
Il existe d’autres types de prises de son
telles que celles utilisant les micros de
surface de type PZM, comme
il est possible de "mixer" des
techniques diverses au sein d’une prise
unique… Seul votre talent décidera.
Pierre Voyard
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